L'imagination

L'imagination

Cher Pasteur,

Si je me permettais de te poser cette question un peu personnelle : "As-tu de l'imagination ?", je pense que tu serais un peu embarrassé pour me répondre. S'il est vrai que certains ont plus d'imagination que d'autres (je parle de ceux qu'on appelle des "créateurs", mot plutôt prétentieux pour un humain, d'ailleurs), il est certainement difficile d'évaluer nous-mêmes notre degré de puissance imaginative. Une chose est certaine, Dieu nous a créés avec une dose d'imagination.

L'ennui, c'est que nous ne l'employons pas toujours de la bonne manière ! Le roi de Juda, Ézéchias, en a fait l'expérience en imaginant le pire. Dans son cantique évoquant sa maladie et sa guérison, il écrit :

"Je disais : Quand mes jours sont en repos, je dois m'en aller aux portes du séjour des morts. Je suis privé du reste de mes années ! Je disais : Je ne verrai plus l'Éternel, L'Éternel, sur la terre des vivants […]Que dirai-je ? Il m'a répondu, et il m'a exaucé." (És. 38.9-15)

Le père de ma Norvégienne d'épouse, un prédicateur fort apprécié dans toute la Scandinavie, raconte un épisode de sa vie d'itinérant. Il devait prêcher un soir dans une certaine ville, mais se trouvait apparemment en panne d'inspiration, ce qui, au demeurant, était plutôt rare chez lui. Il se répétait sans cesse : "Que vais-je leur dire ?… Mais, Seigneur, que vais-je bien pouvoir leur dire ?". Il ouvrit sa bible au hasard, pensant trouver un texte adéquat, et ses yeux tombèrent sur ce passage : "Que dirai-je ?" ! Il se dit que le Seigneur ne manquait pas d'humour ! Et immédiatement, le fil de sa prédication lui apparut clairement.

Dans ce texte, Ézéchias nous parle de son état d'esprit lors de sa maladie. Plusieurs fois il déclare : "Je disais…", évoquant tous les malheurs qui allaient s'abattre sur lui. Pour en finir, il ne trouva plus rien à dire, car Dieu l'avait guéri, et aucune des catastrophes qu'il pressentait n'était arrivée.

Que de fois "nous nous disons…" ! Nous laissons aller notre imagination, le plus souvent vers des représentations négatives : "Je sens que je vais attraper la grippe !" ; "Je vais encore avoir une fin de mois difficile !", et ainsi à l'avenant.

Tu connais sans doute l'histoire de cet automobiliste dont un pneu crève 3 km après avoir passé une petite station-service de campagne, à deux heures du matin. Il a bien sa roue de secours, mais il ne peut mettre la main sur son cric. Il décide de retourner demander un cric à la station-service. Chemin faisant, il se fait son cinéma : "Il va ouvrir sa fenêtre et me dire : Est-ce à des heures pareilles qu'on vient déranger les honnêtes gens ? Je vais lui répondre : Ce n'est tout de même pas ma faute si mon pneu a crevé !" Et tout en marchant, il imagine la discussion qui s'envenime, au point que quand le brave pompiste ouvre sa fenêtre pour aider le pauvre client perdu dans la nuit, il s'entend invectiver : "Eh bien ! gardez-le donc votre cric !"

Le trait est un peu forcé, je l'avoue. Mais quand on se sait dans la main de notre bon Père céleste, on n'a plus besoin de se faire son cinéma intérieur en se disant… La seule question qui se pose alors est : "Que dirai-je ?…" Tout simplement : "Merci Seigneur !"

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