Nouvel An

Nouvel An

Cher Pasteur,

L'année 2004 vit ses dernières heures. Bientôt le soleil se lèvera sur la nouvelle année, et le compteur passera à 2005. Les bons vœux fuseront de toutes parts en de pétaradants feux d'artifice, bien que, pour la plupart, artificiels. En revanche, dans le silence et le secret des cœurs, seront prises de sages et bonnes résolutions qui, à l'instar des roses de François de Malherbe, ne vivront que l'espace d'un matin.

C'est bizarre, je n'ai jamais pu, en soixante-quinze années d'existence, voir une différence quelconque entre un 31 décembre et un 1er janvier ! Ce matin-là, qui est censé ouvrir une page blanche de mon histoire, j'ai toujours autant de mal à me lever, le cerveau encore tout engourdi de sommeil (Non, non, ça n'est pas l'effet d'un réveillon bien arrosé ! C'est comme ça tous les matins !). Je vais devoir encore aujourd'hui, tout 1er janvier que ce soit, aller chercher du bois pour rallumer la cheminée, préparer mon thé matutinal, et accomplir tous les gestes quotidiens, parfaitement calqués sur ceux du 31 décembre de l'année révolue. Même les chèques que je rédigerai (Eh oui ! les factures ne se seront pas envolées avec l'avènement de 2005 !) porteront encore le millésime 2004, que je devrai corriger aussitôt, l'habitude étant une seconde nature !

Tout cela est évidemment très prosaïque et terre à terre ! Il n'est certainement pas interdit de rêver malgré tout ! De se souvenir de tout ce que le Seigneur a fait durant l'année écoulée, pour lui exprimer notre reconnaissance ! Et une fois de plus de laisser nos empreintes sur le manteau neigeux immaculé d'une année nouvelle ! Tiens, ça me rappelle un sonnet que j'ai écrit le 3 janvier 1979 :

Le temps s'enfuit, et passent les années,
Les matins de printemps sont loin, déjà !
Nos illusions, de rêve enrubannées
Sont comme un soir d'hiver, quand il neigea.

Le manteau blanc a recouvert la trace
De notre espoir d'enfant tant caressé ;
Tout doucement le blanc flocon efface
Inexorablement notre passé.

Mais dans la nuit, là-bas, une chaumière
Dans le lointain fait briller sa lumière,
Comme un gage de joie et de chaleur.

Son rayon d'or soutient et illumine
Le pèlerin qui lentement chemine
Vers la maison du Père, et du Sauveur.



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