Se soucier des pauvres pour suivre la "règle d'or"


Pourquoi tourner autour du pot ? Et pourquoi se poser cette question comme si il y avait plusieurs possibilités, comme si le chrétien pouvait ne pas se mobiliser contre la pauvreté ?
D’accord, il est vrai, la tâche est immense et nous ne sommes pas les premiers à tenter de faire quelque chose pour aboutir à peu de résultats. Il est vrai que nous ne maîtrisons pas le système dans lequel nous évoluons et que les multinationales font leur loi et s’enrichissent bien souvent sur le dos du petit peuple. Il est vrai aussi que nous sommes un peu égoïste : ce qui compte avant tout c’est notre bonheur, notre confort, notre petit train-train. Notre religion, quelquefois, c’est celle du « moi d’abord ». Il est vrai également que, parfois, on ne peut pas s’empêcher de penser que « c’est un peu de leur faute aux pauvres, qu’ils n’avaient qu’à se bouger, qu’à mettre un peu plus d’ardeur à gravir l’échelle sociale ». Il est vrai enfin que nous pouvons avoir tendance aussi quelquefois à penser que l’Évangile, c’est seulement réciter les 4 lois spirituelles et donner à chacun la possibilité de se convertir… pour le reste, on verra au ciel !
Tout cela est vrai, d’accord, mais je repose la question : pourquoi tourner autour du pot alors que Jésus a été clair comme de l’eau de roche ?
Pour ma part, quand je regarde la façon dont Jésus a exercé son ministère terrestre, quand je vois la façon dont les premiers chrétiens se sont occupés des pauvres, quand je prends le temps de considérer tout cela, alors oui, la réponse est claire comme de l’eau de roche. Claire, à une nuance près : s’occuper des pauvres et non pas de la pauvreté, se soucier de mon frère en l’humanité et non pas se charger d’une mission impossible, agir là où je peux, faisant preuve de bonne volonté, donnant de la visibilité au message de l’Évangile, à taille humaine. En une phrase - mais quel programme - faire aux autres tout ce que je voudrais qu’ils fassent pour moi, car c’est là tout l’enseignement de la Loi et des prophètes (Matthieu 7.12).
La voilà, ma réponse. Je choisis résolument cette parole de Jésus, qu’on appelle la règle d’or, simple dans son énoncé mais plus difficile dans sa mise en pratique. Ce n’est pas une option, c’est un commandement du Seigneur lui-même ! Il m’invite à m’identifier à l’autre, à me mettre à sa place, et à agir pour lui comme j’aimerais qu’on le fasse pour moi ! Cet appel s’inscrit dans la logique de l’incarnation, de Dieu qui se fait proche de moi, en Jésus-Christ, partageant ma condition et se donnant totalement. Au disciple, il n’est pas demandé autre chose que de suivre l’exemple du maître. Ma vie se doit d’être la traduction de l’amour dont je suis l’objet et je dois chercher à emprunter le même chemin que celui du Christ : prendre l’initiative d’un amour qui est don de soi ! « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez que l’on fasse pour vous ». Ce n’est pas impossible, c’est à ma portée : à moi de jouer !
Stéphane Lauzet
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