Vision de croissance (6)

Vision de croissance (6)

Lecture Esaïe 53; 54 : 1-3.

1) LA CROIX PRECEDE LA CROISSANCE

Lors d'une prédication précédente, nous avons étudié le passage suivant : Esaïe 54 : 1-3. Dans ce texte, nous découvrons de merveilleuses promesses divines pour Son peuple. Ce-dernier est appelé à croire dans sa croissance future et dans son développement. Ceci est valable pour l'Eglise qui est destinée selon le plan de Dieu à enfanter, à communiquer largement la vie divine, à s'agrandir et à prendre des initiatives et des mesures par la foi pour favoriser son expansion.

Cependant, notre attention doit être attirée vers la remarque suivante : le chapitre 54 suit le 53 qui évoque avec force et précision la venue de Jésus, Sa mort expiatoire et Sa résurrection. Si la bible ne présente pas toujours des livres ou des séquences de façon chronologique, il convient de souligner ici l'ordre logique et voulu de Dieu. Cela signifie que pour vivre les promesses d'Esaïe 54, il est nécessaire d'expérimenter auparavant Esaïe 53. Donc pour vivre la croissance de manière harmonieuse et pour connaître un authentique développement qui dure tant sur un plan individuel que collectif, il est incontournable de passer par la croix.

2) LA VIE SELON LA CHAIR

Esaïe 53 décrit les caractéristiques de Jésus : le Seigneur a porté nos douleurs et nos souffrances, Il s'est chargé de nos péchés pour nous en délivrés. Son sacrifice nous garantit la guérison des maladies. Il ne s'est pas rebellé et a accepté le mépris, le rejet, la honte, l'humiliation pour notre salut. Son œuvre parfaite à la croix nous ouvre le chemin de la restauration et de la réconciliation avec le Créateur. Rom 5 : 10; 2 Cor 5 : 18. Le fils de Dieu n'est pas resté dans la mort mais Il est rescussité. Mat 28 : 5-7;
1 Cor 15 : 1-9. La vie éternelle est accessible à tous par le seul moyen de la foi. Jean 3 : 16; 36. Une existence entièrement nouvelle est désormais possible pour ceux qui y aspirent. Jean 3 : 1-8; 2 Cor 5 : 17.

La personne qui découvre le Seigneur est invitée à placer toute sa confiance et sa foi dans cette œuvre extraordinaire et à recevoir Jésus comme son Sauveur personnel. Néanmoins, le plan du Père Céleste pour les croyants est de les amener à ressembler à Son Fils Unique. Pour cela, ils sont conviés à confier leur existence au Maître Suprême afin que ce soit Lui qui les conduise, les éclaire, les oriente, les transforme et les remplisse de Sa vie divine. Si cette démarche n'est pas faite, le croyant, même s'il est sauvé, reste alors prisonnier de sa mauvaise nature, de ses penchants, de ses travers, de ses raisonnements et de ses inclinations contraires à la sainteté de Dieu. Jér 13 : 23; Rom 7 : 14-25. Il n'expérimente pas ou peu de progrès dans le domaine du changement intérieur. Il n'évolue pratiquement pas, il stagne, parfois il régresse. Désirant contrôler, maîtriser, dominer sa vie et garder les rênes de son parcours, il limite l'action du Saint-Esprit. Il demeure alors sous la tyrannie de sa vieille nature et en manifeste les fruits. Gal 5 : 19-21.

Des exemples bibliques illustrent cette réalité : Samson ne s'est jamais débarrassé de son attirance pour les femmes. Cela a causé sa ruine. Juges 14 : 1-3; 16 : 1, 4-31. Saül a bien commencé son chemin avec l'Eternel mais a suivi les pensées de son cœur et s'est enorgueilli. 1 Sam 10 : 9, 24; 13 : 13;
15 : 17. Après un départ spirituel remarquable, Salomon a également connu une lente décadence à cause de l'amour des choses du monde et de son attirance pour la sensualité, le confort, le luxe, la facilité.
1 Rois 3 : 1-14; 1 Rois 11 : 1-13. L'attachement excessif de Démas pour les choses terrestres l'a poussé à abandonner Paul. 2 Tim 4 : 10. Alexandre s'est opposé à l'apôtre de façon violente, lui causant ainsi de grandes souffrances. 2 Tim 4 : 14-15. Diotrèphe était d'un caractère impétueux, dominateur, orgueilleux, contredisant et n'écoutait pas les conseils. Il est le type de croyant insoumis qui rejette les recommandations et favorise de par son comportement des querelles et des conflits dans les relations. 3 Jean 9-10.

Dès l'instant où l'individu cache ses fautes, minimise sa responsabilité, se trouve constamment des circonstances atténuantes ou considère les autres comme responsables de ses erreurs et de ses manquements, il ne peut pas prétendre voir le royaume de Dieu croître de façon significative dans sa vie.

3) LA VIE SELON L'ESPRIT

La meilleure décision consiste à admettre, à reconnaître, à accepter la vérité comme le Seigneur la révèle par Sa parole et Son esprit. Le seul chemin vers le développement de la vie de Dieu dans le cœur du chrétien consiste dans une réelle conviction de péché suivi d'une authentique repentance qui pousse à vouloir se défaire de tout ce qui est contraire à la gloire de Dieu. Act 2 : 37-38; 3 : 19; 26 : 20.

Rom 6 : 1-14  Pour devenir un disciple, Paul enseigne la nécessité de renoncer à soi-même pour permettre à la vie de résurrection du Seigneur de se déployer. Dans ce passage, il montre la voie de la croissance spirituelle. Gal 2 : 20. Elle se réalise lorsque le chrétien accepte de se donner à Dieu, de Lui offrir son existence avec tout ce qu'elle comporte (projets, occupations, vie affective, études, famille, vie professionnelle, gestion du temps et des activités, priorités, domaine matériel, engagement et service dans l'église…) L'importance de renoncer au péché est soulignée : verset 2. La détermination d'écarter les mauvais penchants et de ne plus s'y soumettre associée à la volonté de vivre ce qui plait à Dieu est mise en avant. Rom 8 : 13; 13 : 12-14; Gal 5 : 24. Le renoncement de faire ce qui plait et le désir de suivre Jésus dans Ses exigences de sainteté conduit à une vie nouvelle qui se développe grâce à l'assistance du Saint-Esprit. Celui-ci agit pour libérer le chrétien de la puissance du péché, de la force des tentations et des ténèbres. Il donne les moyens de résister aux sollicitations et de triompher de tout mal. Le disciple est alors libre de toute chaîne et marche dans la lumière. Jean 8 : 36; Rom 6 : 7, 14, 17-18.

Lorsqu'un chrétien accepte de passer par la croix, elle produit ses effets bénéfiques au plus profond de son cœur et des changements remarquables interviennent. Le processus de sanctification est en marche. La vie divine se développe par le Saint-Esprit. Les pensées, les conceptions, les raisonnements sont renouvelés. Rom 12 : 1-2. La croissance de la nature de Jésus s'effectue. Le fruit de l'Esprit est alors manifesté. Gal 5 : 22. Les Ecritures citent des exemples à suivre pour nous. Ainsi, le Pierre hautain, rempli du désir d'être toujours le premier, se mettant régulièrement en avant a vu son tempérament être modelé, façonné, adouci; arrondi. Jacques et Jean qui étaient trop véhéments et virulents se sont tempérés et ont laissé le Seigneur maîtriser et canaliser leur fougue. Paul se définit comme étant un homme violent, un persécuteur de ceux qui n'entraient pas dans sa conception de la foi, zélé mais sans intelligence. Son énergie était mal orientée et mal utilisée. Gal 1 : 13-14; 1 Tim 1 : 12-15. Avant sa rencontre avec Jésus, Onésime ne répondait pas aux attentes de son maître chrétien Philémon. Après sa conversion et les changements opérés en lui, Paul en fait l'éloge. Philémon. Marc (appelé aussi Jean) a abandonné Paul et Barnabas à l'occasion d'un voyage missionnaire, mais plus tard, l'apôtre a reconnu l'utilité du jeune homme pour l'œuvre de Dieu. Des progrès et une véritable croissance se sont manifestés en lui. Act 13 : 13; 15 : 36-38; 2 Tim 4 : 11.

4) LA CROIX AU CENTRE DE L'ASSEMBLEE

Arrivés à ce point, il est convenable de rappeler la réflexion suivante : Esaïe 53 étant placé juste avant Esaïe 54, cela signifie pour nous la nécessité de placer la croix et ses principes de vie au centre de notre existence pour espérer connaître la croissance. Les principes de renoncement, de mort à soi-même pour favoriser le développement de la vie du Créateur dans le cœur du chrétien sont à appliquer également au niveau de l'assemblée. Paul a envoyé par ses écrits des exhortations et des instructions sur ce thème à des communautés entières. Il élève la croix systématiquement au cœur des assemblées afin qu'elles se développent en quantité et en qualité.

Selon ce mode de fonctionnement, les disciples acceptent de mettre de côté leurs désirs personnels, et leurs conceptions pour privilégier l'intérêt collectif. Rom 15 : 2; Phil 2 : 4. Cela conduit à une soumission réciproque. Eph 5 : 20-21. Un membre de la communauté n'a pas à imposer sa vision aux autres mais à entrer dans le mode de vie de l'assemblée. Cela ne signifie pas devenir prisonnier d'un moule, mais il s'agit de respecter les orientations et la façon de vivre la foi de la communauté. Cela n'empêche pas un chrétien d'être lui-même et de pouvoir s'épanouir, tout en tenant compte de l'environnement dans lequel il évolue.

1 Cor 9 : 19-22  Dans ce texte, Paul explique son souci de s'adapter à toutes les circonstances rencontrées et de se mettre à la portée du style de vie de son entourage. Dans 1 Cor 10 : 32-33, il encourage à éviter de choquer et à se préserver de tout ce qui peut créer des scandales et des conflits.

La vision de la croissance passe par la motivation des disciples de placer le salut des gens et le développement de l'assemblée au rang de priorité. Ce point conduit à considérer la fidélité au niveau des rendez-vous de l'église (réunions, cultes, temps de jeûnes et prières) Chacun est appelé à participer activement dans un service en fonction de ses capacités, de ses talents et de ses possibilités pour l'accomplissement de bonnes oeuvres. Marc 1 : 29-31; Eph 2 : 10; 1 Pi 4 : 10.

Le succès du changement de local est étroitement lié à l'implication de tous dans ce projet. La réussite dépend aussi de l'engagement financier de chacun. Il s'agit d'assimiler la notion de sacrifices personnels en argent, en temps, en énergie. Quand ces valeurs sont mises à l'honneur, le Seigneur donne la réussite car Il honore la consécration et l'esprit de la croix manifesté.



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