Est-il interdit pour le chrétien de manger du sang ?

Est-il interdit pour le chrétien de manger du sang ?

Deux opinions se font jour parmi les chrétiens à ce sujet. Certains, s'appuyant sur Actes 15.20, 29, répondent un oui péremptoire. Pour ma part — en parfaite objectivité, car je ne mange jamais de boudin pour raisons d'hygiène alimentaire — après étude attentive de la Bible, je dis non en toute conscience, ce qui ne m'empêche pas de respecter l'opinion des partisans du oui !

La Bible affirme :

"Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang" (Lév. 17.10-12)

Examinons ce texte d'un peu plus près :

L'âme de la chair est dans le sang :

Cela veut-il dire que l'âme est en dissolution dans le sang, comme le sucre dans le café ? C'est l'interprétation matérialiste de ceux qui refusent les transfusions sanguines, parce que si je te donne mon sang, je vais te donner aussi une partie de mon âme !

Pour bien comprendre cette histoire d'âme dans le sang, il faut remonter jusqu'à la création de l'homme :

"Et l'Éternel Dieu forma l'homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l'homme devint une âme vivante." (Lév. 17.11 Darby)

Il est remarquable qu'en hébreu comme en grec, l'air et l'esprit sont étroitement liés. Jésus, parlant à Nicodème les associe également :

Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit." (Jn. 3.8)

Le souffle de Dieu dans les narines de l'homme crée en lui à la fois la respiration (narines), et l'esprit (âme vivante).

Or la seule utilité réelle de la respiration, c'est le sang. C'est le sang qui alimente le corps en oxygène vital tiré de l'air, et le débarrasse de ses impuretés létales. Le sang, c'est la vie même. Or le texte : "l'âme de la chair est dans le sang" peut parfaitement se traduire par "la vie de la chair est dans le sang", l'hébreu "nephesh" signifiant aussi bien vie que âme.

Afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes :

Dieu a institué les sacrifices d'animaux, non parce qu'il est un Dieu sanguinaire, mais pour préfigurer l'ultime sacrifice substitutif et expiatoire de Jésus-Christ. Et le sang de l'animal, visible sur l'autel, était un témoignage irréfutable de sa mort substitutive. (le sang d'un animal vivant n'est pas visible !)

Car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation :

L'emploi du sang dans les rituels de l'Ancien Testament était un témoignage de ce que le péché entraînait implacablement la mort, celle d'un substitut, pour éviter celle du pécheur.

C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang :

Le sang devait revêtir un caractère sacré à cause même de son utilisation symbolique sur l'autel. On n'aurait pu concevoir que le même sang qui avait fait l'expiation se retrouvât quelque temps plus tard sous forme de boudin dans l'assiette de l'Israélite !

Maintenant, Jésus est venu et il a accompli le sacrifice parfait. Les rituels qui le préfiguraient tombent d'eux-mêmes :

"Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'est pas de cette création ; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle." (Héb. 9.11-12)

Continuer de considérer le sang des boucs et des veaux comme sacré serait retourner sous l'ancienne alliance, et renier l'efficacité du sang de Jésus. Mais si ce caractère sacré du sang tombe de lui-même sous la nouvelle alliance, pourquoi la conférence de Jérusalem en fait-elle encore cas ? :

"C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang." (Actes 15.19-20)

Quatre impositions : (Considérées comme nécessaires, v. 28)

1. Souillure des idoles : Les viandes sacrifiées aux idoles, en abomination aux Juifs, qui finissaient sur les étals des marchés comme viandes de boucherie.

2. Impudicité : Pratique païenne des hiérodules, les prostituées sacrées, servantes de la déesse grecque Artémis, appelée Diane par les Romains (Cf. "La Diane des Éphésiens", Actes 19.24-35).

3. Animaux étouffés : Dont le sang restait dans la chair.

4. Le sang : Considéré comme sacré sous l'ancienne alliance.

Pour quelles raisons ? :

"Car, depuis bien des générations, Moïse a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de sabbat dans les synagogues." (Actes 15.21)

Cela ne peut être, en ce qui concerne les points 1, 3 et 4, que pour ne pas heurter la sensibilité des Juifs, encore très attachés à la loi de Moïse. Cela est évident dans ce verset 21, et plus encore dans les textes dans lesquels Paul démontre qu'on peut consommer des viandes sacrifiées aux idoles, à condition de ne pas être une pierre d'achoppement pour les faibles (Rom. 14.2-3 ; 1 Co. 8.4-13 ; 1 Tim. 4.4-5).

Cette position de Paul montre clairement que les prescriptions de la conférence de Jérusalem étaient de cette nature. De plus il affirme :

"Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats : c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ." (Col. 2.16-17)

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18 commentaires
  • fredvb Il y a 11 mois, 3 semaines

    Bonjour! Soyez tous bénis! J'ai chois d'être adventiste, mais comme beaucoup d'adventistes, je me suis ouvert sur l'Essentiel et, dans ma conviction inspirée par Dieu-LeSaint-Esprit, l'Essentiel est bien l'Amour. Je cite deux versets qui fondent et alimentent ma conviction: -"Dieu est Amour" 1 Jean 4.8 -"A quoi me sert d'avoir toute la connaissance, d'avoir une foi qui déplace les montagnes? Si je n'ai pas l'Amour, je ne suis rien" 1 Corinthiens 13.2 Chers frères et soeurs en Christ, rappelez-vous ce que Notre Frère JésusLeChrist nous dit: "Je vous apporte un Commandement Nouveau..." Si vous ne connaissez pas la suite, je vous encourage à la découvrir par vous-même et vous aurez le plaisir de l'émerveillement (dans Lévitique déjà, Matthieu, Jean, Pierre, Paul... Qwant ou Google peuvent vous aider). Si nous avons l'Amour ici-bas, nous avons déjà maintenant le Royaume des Cieux ici-bas. Amitiés fraternelles. Fred vB
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