Ferveur ou fanatisme ?

Ferveur ou fanatisme ?

Cher Pasteur,

J'aimerais aujourd'hui partager avec toi quelques réflexions que m'ont inspiré les derniers événements faisant la une des médias depuis pas mal de temps déjà. Je ne voudrais choquer personne par ce qui va suivre, et surtout pas nos amis Catholiques, à qui j'adresse de tout cœur mes sincères condoléances à l'occasion du décès du pape Jean-Paul II.

Rien de plus naturel que nos autorités qui, par ailleurs, défendent jalousement la laïcité de notre société française, trouvent normal, de différentes façons, de rendre hommage à un chef d'État dont l'infatigable activité pour rapprocher les hommes mérite la reconnaissance.

Mais devant l'ampleur planétaire de cet événement ; devant l'extraordinaire afflux de pèlerins qui semble justifier pleinement l'adage : "tous les chemins mènent à Rome" ; devant l'extravagante mobilisation des médias avec le caractère dithyrambique de leurs commentaires, je m'interroge.

Que des gens, après dix ou vingt heures de voyage épuisant, acceptent de rester dix autres heures debout sous le soleil, dans une queue interminable de centaines de milliers de personnes, simplement pour avoir le privilège de passer sans s'arrêter devant le saint catafalque, me semble relever de l'héroïsme ou de l'inconscience.

Un tel culte de la personnalité concernant le pape, dont le rôle avoué serait d'être le "Vicaire du Fils de Dieu (Vicarius Filii Dei - titre inscrit sur la tiare papale jusqu'en 1963)", me semble parfaitement indécent. D'autant plus indécent d'ailleurs, que dans les différents reportages que j'ai pu voir à la télévision, je n'ai entendu aucun des intervenants prononcer même une seule fois le nom de Jésus.

Bien que soit flatteur un tel débordement de ce que les médias ont appelé foi et ferveur, et que pour ma part je qualifie d'idolâtrie, je suis absolument convaincu que Jean-Paul II, de par son humilité, n'aurait pas apprécié qu'on lui rendît un tel culte. Ce n'est donc pas lui que je mets en cause, mais le système religieux capable de générer un tel phénomène. Jésus a dit :

"Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. […] C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez." (Matthieu 7.17-20)

Je tiens à préciser que je ne fais pas de l'anticatholicisme primaire. Je compte parmi les Catholiques de nombreux bien-aimés frères et sœurs, qui, tout comme moi, ont fait l'expérience de la nouvelle naissance. Mais j'ai tout lieu de m'interroger sur un système religieux qui se prétend la seule Église de Jésus-Christ sur terre, et dont le fruit à l'échelle planétaire conduit à une telle papolâtrie.

Quant au faste déployé en cette triste circonstance, il reste et demeure aux antipodes de la simplicité de l'Évangile auquel il prétend rendre témoignage !

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