J'en veux aux pasteurs !

J'en veux aux pasteurs !

Cher Pasteur,

Non, rassure-toi, ce n'est pas moi qui m'exprime ainsi. C'est simplement un extrait de Ézéchiel 34. Souviens-toi :

"Je suis vivant ! dit le Seigneur, l'Éternel, parce que mes brebis sont au pillage et qu'elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, faute de pasteur, parce que mes pasteurs ne prenaient aucun souci de mes brebis, qu'ils se paissaient eux-mêmes, et ne faisaient point paître mes brebis,- à cause de cela, pasteurs, écoutez la parole de l'Éternel ! Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, j'en veux aux pasteurs ! Je reprendrai mes brebis d'entre leurs mains, je ne les laisserai plus paître mes brebis, et ils ne se paîtront plus eux-mêmes ; je délivrerai mes brebis de leur bouche, et elles ne seront plus pour eux une proie." (Éz 34.8-10)

Je ne sais pas si tu as déjà eu affaire à ce chapitre 34 au cours de ton ministère, mais je subodore que de toute manière, tôt ou tard, tu le rencontreras sur ta route. Ce fut mon cas, il y a bien longtemps déjà. Certains chrétiens hyperspirituels, qui manifestement n'appréciaient pas mon ministère, avaient enfin trouvé un texte biblique à appliquer à leur pasteur !

Récemment, j'ai reçu par la poste une prétendue "prophétie" qui allait dans ce sens. À l'en croire, Dieu était furieux contre tous les pasteurs, qu'il qualifiait de faux bergers, de faux prophètes, de faux docteurs. L'état misérable de l'église leur était entièrement imputé, et en comparaison, Ézéchiel 34 avait la douceur du sirop d'érable !

Je ne peux que m'insurger contre de telles condamnations à l'emporte-pièce, qui ne ressemblent en rien au caractère du Saint-Esprit. On y trouve plutôt la méthode de l'Accusateur des frères (Apoc 12.10). S'il est vrai qu'il puisse exister ici et là des serviteurs de Dieu indignes, il est profondément injuste d'accuser ainsi tous les pasteurs, toi et moi y compris. L'immense majorité d'entre eux est entrée dans le ministère au prix de nombreux sacrifices. Leur vie n'a pas été une danse sur les roses, que ce soit matériellement avec leur salaire de misère, ou spirituellement avec les pesants fardeaux de l'œuvre.

J'ai trop entendu, j'ai trop lu d'accusations infondées contre mes collègues dans le service, dont je connais l'amour et la consécration, pour ne pas réagir contre les allégations de ceux qui se font les instruments destructeurs de l'Adversaire. Que Dieu leur vienne en aide !

Je disais dans un article précédent : "J'ai maintes fois fait l'expérience d'être mal compris, et de voir des personnes prendre pour elles ce qui ne leur était nullement destiné." Certes, Dieu a parlé par son prophète Ézéchiel, et il est évident que Dieu ne parle jamais pour ne rien dire. Mais nous devons faire attention de bien comprendre ce qu'il dit, et de ne pas prendre pour nous ce qui ne nous est pas destiné, n'en déplaise à ceux qui aimeraient tellement nous l'attribuer.

Reconnaissons humblement nos faiblesses et nos lacunes, car nous en avons tous, mais ne nous laissons pas déstabiliser, même et surtout par Ézéchiel 34 !



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