L’observance du sabbat chez les chrétiens

L’observance du sabbat chez les chrétiens
Question d'un Internaute: «Le sabbat, exigé par le décalogue dans l’Ancien Testament, est-il aboli par les textes du Nouveau, tels que Romains 14.5, Galates 4.9-11, Colossiens 2.16-17

Déjà du temps des premiers chrétiens, certains légalistes enseignaient aux nouveaux convertis la nécessité d'observer la loi de Moïse (Actes 15.1-5). L'apôtre Paul va combattre avec véhémence cette hérésie dans deux de ses épîtres, Romains et Galates. Il y explique que le but de la loi n'était pas de procurer un moyen de salut à l'homme, mais de lui prouver son incapacité à l'observer par ses propres efforts, lui montrant ainsi la nécessité d'un Sauveur:

«Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue.» (Galates 3.24-25)

La Loi n'était qu'un pâle reflet de ce que Dieu se propose de faire dans la vie du croyant, lui assurant la présence constante du Saint-Esprit qui lui permet de vivre une vie nouvelle selon Dieu:

«Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.» (Colossiens 2.16-17)

«la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l'exacte représentation des choses, ne peut jamais […] amener les assistants à la perfection.» (Hébreux 10.1)

Cela ne veut pas dire que la loi a été abolie, mais il faut comprendre qu'elle a été accomplie par Jésus:

«Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.» (Matthieu 5.17)

Et cet accomplissement, au-delà de la personne de Jésus, se manifeste dans le cœur du croyant par l'établissement de la nouvelle nature engendrée par le Saint-Esprit, et que Jésus qualifie de nouvelle naissance. Dieu écrit maintenant sa loi dans nos cœurs:

«C'est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi […]: Voici l'alliance que je ferai avec eux, après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leur esprit» (Hébreux 10.15-16)

«Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs» (2Corinthiens 3.3).

C'est pourquoi tout retour à la loi, de quelque manière que ce soit, est la négation de l'œuvre de Christ. Les épîtres de Paul sont tout à fait explicites à ce sujet:

«Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce.» (Galates 5.4)

Concernant particulièrement l’observance du sabbat, il est également très clair:

«Tel fait une distinction entre les jours; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction.» (Romains 14.5).

«… à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années! Je crains d'avoir inutilement travaillé pour vous.» (Galates 4.9-11).

Le Juif Paul devait savoir de quoi il parlait, non? De plus, Jésus lui-même use d’une certaine liberté concernant le sabbat:

«Puis il leur dit: Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat.» (Marc 2.27-28)

Que la pensée de Dieu d'instituer un jour de repos par semaine soit bonne, et d'une portée universelle, ne fait aucun doute. Mais pour nous aujourd'hui, la relier d'une façon légaliste au sabbat des Juifs, et à un jour particulier, le samedi, n'est pas conforme à l'enseignement du Nouveau Testament.


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79 commentaires
  • OlivierDeLyon Il y a 2 semaines, 4 jours

    Une approche intéressante est celle qui conçoit l'époque de la grâce comme une époque faite pour que l'évangile soit prêché aux gentils et aux juifs non-croyants. Si l'on suppose que la liturgie va changer durant que Dieu va instaurer son royaume éternel, alors, il est de fortes chances que les éléments du culte que nous connaissons aujourd'hui céderont la place, comme d'autres ombres, à la volonté de celui qui "change les temps et les circonstances". Le sabbat aura existence éternelle, avec une signification qui sera comprise des sujets de son royaume, car "de Sion sortira la loi". "Et personne n'enseignera plus son frère". Une brèche a été initiée pour que le monde entier soit sauvé. Le rideau s'est déchiré. Tout est accompli. Ce compte-à-rebours nous amène aux paroles mystérieuses de Jésus concernant la loi. Si vous n'observez pas la loi avec autant voire plus de zèle que les scribes ou les pharisiens, vous n'entrez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi celui qui pense abolir la loi avant que que tout ne soit accompli est anathème. Car il faut que tout s'accomplisse. Voilà une compréhension saine de Matthieu 5. "celui qui supprime le iota ou la lettre" "avant que tout ne soit réalisé" a commis un péché. Ainsi donc mes frères, ne commettons pas d'anachronisme. Prosternons-nous à la croix. La voile s'est déchiré. La nouvelle alliance subroge l'ancienne. Demain nous verrons comme nous devons voir. Les fondements anciens seront redressés, les brèches réparées et Dieu lui-même sera la lumière de son peuple. Vivons l'époque de la grâce comme une faveur.
  • OlivierDeLyon Il y a 5 mois, 3 semaines

    Très bon message. Que le Seigneur vous bénisse frère Jean-Claude! En effet, le sabbat, la circoncision, les jours de fête, la cacheroute, la loi de Moïse en un mot... Les arguments selon lesquels nous devrions observer le sabbat s'appuient sur quelques points qui méritent d'être étudiés. 1. Le sabbat est une ordonnance qui rappelle la création : L'ancienne création en Adam. Celle où le plan de Dieu pour les élus n'avait pas été révélé. Retourner aux pratiques adamiques originelles est, me semble-t-il, une erreur. Jésus est le nouvel Adam. Tous meurent en Adam. Tous vivent en Christ. Il est le rédempteur de la création. Toutes choses sont devenues nouvelles. 2.Abraham a respecté le sabbat. Il est fait mention qu'Abraham a observé les commandements de Dieu. Mais plus précisément, lesquels. Abraham a donné la dîme, a pratiqué la circoncision, offrait des sacrifices et peut-être a observé le sabbat. Il n'est pas explicitement dit cela dans l'ancien testament qu'Abraham a observé le sabbat. Par contre on pourrait être poussé à le croire. Cependant, toutes ces choses, sacrifices y compris, relèvent de quelle ère..? 3. Jésus et Paul ont observé le sabbat. Jésus a observé toute la loi. Sacrifices, offrandes, fêtes etc. Il est né et a vécu conformément à la loi dans son entièreté. Est ce que le chrétien doit retourner à tous les rituels mosaïques ou choisir dans la loi de Dieu et laisser ce qui lui semble contraire ou inutile ? La réponse est sûrement mitigée de nos jours. Pourtant, nous avons des éléments de réponse. Ceux qui veulent imposer l'observation du sabbat ont peut-être mal perçu le plan de Dieu à travers la croix. Paul a cherché à gagner ceux qui étaient sous la loi, quoiqu'il ne soit pas lui-même sous la loi. Paul n'avait pas de problème d'observer le sabbat en juif qu'il était. Il aimait son peuple. Il en parle comme un peuple à qui Dieu a donné son affection et une mission. Paul, à l'instar de Jésus, veut que tous les hommes soient sauvés. Les juifs aussi devaient recevoir la bonne nouvelle de l'évangile. 4. Fuir un jour de sabbat. A noter dans ce passage de Matthieu 24 que Jésus parle à des juifs en faisant référence à des éléments de leur culture religieuse. Comme le temple et le sabbat. "Lorsque vous verrez l'abomination établie en lieu saint". Si tous sont d'accord pour dire que la prophétie concerne en premier lieu la destruction de Jérusalem en 70 ap JC, il n'en est pas de même concernant le verset 20. Force est de comprendre pourtant, que le sabbat n'est pas mentionné avec la même force dans le nouveau testament que dans l'ancien. Luc en parle en lui conférant la nature d'une chose qui se pratiquait par les juifs, et qui dans Matthieu pourrait représenter un obstacle à la fuite des chrétiens de Jérusalem. Pour comprendre ce point, il faut revenir à l'épisode du désert où un homme surpris à ramasser du bois un jour de sabbat a été mis à mort. Les prescriptions de la loi de Moïse - effet bénéfique ou pas ?- auraient donc entraîner la mise à mort des chrétiens de Jérusalem qui tenteraient de quitter la ville un jour de sabbat. Certainement ces chrétiens se soumettaient-ils aux prescriptions de la loi mosaïque de manière quotidienne. Mais en terre juive. Pour n'être en scandale à personne. 5. Le dimanche. Il a été instauré jour de culte par Jésus lui-même et de manière prophétique dans le hellel du psaume 118. La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle. C'est l'oeuvre de l'Eternel et un prodige à nos yeux. C'est ici la Journée [le jour] que l'Eternel a faite. Qu'elle soit pour nous un sujet d'allégresse et de joie. O Eternel accorde le salut. O Eternel donne la prospérité. Nous vous saluons depuis la maison de l'Eternel".
  • jyl.pollen Il y a 2 années, 6 mois

    Que voulait donc dire Paul par « ombre » dans Colossiens 2.17 ? La plupart des érudits soutiennent qu’il s’agit des fêtes, des nouvelles lunes, et des sabbats. Mais une nouvelle lune ne peut être une « ombre », parce qu’elle n’a aucune signification religieuse en elle-même. La nouvelle lune n’a qu’une seule signification : son association avec les sacrifices. L’ombre devait plutôt se rapporter à ce que tous ces jours particuliers avaient en commun : les sacrifices qu’on offrait à ces moments-là. L’idée selon laquelle « l’ombre » se réfère aux sacrifices s’appuie-t-elle sur un fondement solide ? Oui. Dans le Nouveau Testament, les deux autres références aux ombres se trouvent dans l’épître aux Hébreux. « Or, s’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur, étant donné qu’il y en a d’autres qui présentent des offrandes selon la loi. Ceux-ci célèbrent un culte qui est une image et une ombre des réalités célestes » (He 8.4,5, SER). « En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, parce que ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés ? Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices ; car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps » (He 10.1-5). À une époque où on offrait encore des sacrifices à Jérusalem (même certains des premiers chrétiens), Paul enseigna que l’ère des sacrifices était révolue. Ces sacrifices, en effet, étaient l’ombre de quelque chose de meilleur à venir : le corps du Christ, pour lequel le sabbat hebdomadaire demeure un symbole durable de notre salut – le repos en lui. Utiliser ce verset pour réfuter l’obligation d’observation sabbat est théologiquement inacceptable.
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