Porter du fruit

"En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera." Jean 12.24-26

Qui se souvient de Joshua Abraham Norton, ou aussi appelé Sa Majesté l’Empereur des Etats-Unis Norton I ?… En 1859, ce personnage historique s’est autoproclamé Empereur, à la demande « d’une majorité de citoyens des Etats-Unis », pour reprendre ses propos. A son arrivée au pouvoir, il a décrété la dissolution pure et simple du congrès américain. D’abord considéré comme un lunatique, un farfelu, il est peu à peu rentré dans le folklore local de San Francisco. Au point que des commerçants locaux acceptaient les billets qu’il s’était fait imprimer à son effigie. Et au point qu’il y eut scandale lorsqu’un jeune policier zélé voulut le faire enfermer pour désordre mental. L’empereur Norton a vécu ignoré du monde si ce n’est d’une poignée de locaux qui marchaient dans son jeu. Le journal local publiait à ses frais les décrets qu’il prononçait, ce qui divertissait d’ailleurs bien les lecteurs. Norton est mort sans le sou, et les commerçants du coin ont dû se cotiser pour lui offrir une sépulture décente. Tel fut le sort de l’Empereur autoproclamé Norton I.

Dans un autre pays, quelques siècles plus tôt, un roi s’autoproclamait serviteur. Il n’a pas regardé à sa position légitime lorsqu’il lavait les pieds de ses disciples. Car cette tâche était d’habitude réservée à l’esclave ou au plus petit de la maison. En ce temps-là, on marchait en sandale ou pieds nus pour les plus pauvres, et il n’y avait pas de trottoir. Alors laver les pieds, ce n’était vraiment pas agréable ! Avec la chaleur, les pieds ne sentaient pas la rose. Mais Jésus, car il s’agit de lui, a préféré renoncer à sa gloire et s’est mis au service de gens ordinaires. Les hommes ou les femmes qui se sont eux-mêmes élevés ne l’ont fait que pour un temps. Souvent, ils terminent oubliés ou écartés. On se souvient de certains d’entre eux, mais ils laissent rarement un héritage positif à la génération suivante. Pourtant, il ne faut pas chercher très loin pour trouver des gens qui s’élèvent, qui se construisent leur « empire », et qui achètent leur célébrité par tous les moyens. Ils tiennent tant qu’il y a un public suffisamment égaré pour les regarder. Et une fois passés de mode, ces gens partent aux oubliettes.

Comme Jésus, ce sont ceux qui ont une attitude de serviteurs qui portent réellement du fruit. Dieu nous laisse devant ce dilemme : on peut construire pour soi, en sachant qu’on va tout perdre à la fin, ou alors Le servir, et le fruit de ce service durera jusque dans l’éternité.

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