Redécouvrez la romance

Redécouvrez la romance

En lisant la Bible, nous découvrons vite que les priorités de Jésus face à l’Église et à la vie chrétienne n’étaient pas toujours similaires aux nôtres. Ses critères pour évaluer le succès étaient parfois bien différents des nôtres. Cela ne peut être plus évident que dans les lettres écrites aux sept Églises que l'on trouve dans les premiers chapitres de l’Apocalypse. Plus particulièrement dans celle qui est adressée à l’Église d’Éphèse au deuxième chapitre. Voici la liste donnée à Jean par Jésus lui-même, des qualités qu'Il reconnait à cette Église :

  • Travaillante : « Je connais tes œuvres, ton travail.» (2. 2)
  • Persévérante : « ...et ta persévérance.» (2. 2)
  • Consacrée : « Tu ne peux supporter les méchants … tu hais les œuvres des Niccolaïtes, œuvres que je hais aussi. » (2. 2,6)
  • Connaissante et ayant le discernement : « Tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs. » (2. 2)
  • Courageuse et d’un esprit sacrificiel : « Tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t’es pas lassée. » (2. 3)

Qui ne voudrait pas d’une église ayant une telle réputation ou d’une congrégation constituée de gens comme cela? 

Mais malgré toutes ces bonnes choses, Jésus l’a décrite comme une église ayant chuté. Chuté! Lisez-le! : « Souviens-toi donc d’où tu es tombé » (2. 5)
Si c’est une Église qui a chuté, qui suis-je donc, moi?

Non seulement, elle était rétrograde mais elle était sur le point de perdre la présence de Christ lui-même (2. 5), ce qui est la pire de toutes les possibilités pour une église.

Malgré sa persévérance, ses labeurs, son intolérance pour la méchanceté, sa connaissance théologique, son discernement, son sacrifice et sa souffrance pour la cause de Christ, elle était en état de chute et d’éloignement pour la simple raison qu’elle avait perdu tous sentiments d’affection envers celui pour qui elle faisait tout cela; Jésus-Christ lui-même! L’Église d’Éphèse est devenue une église d’activités religieuses dépourvue de romance à l’égard de son Seigneur. Elle avait la religion mais sans aucune relation d’amour avec Jésus-Christ.

La priorité de Jésus et son critère d’évaluation ne sont pas basés sur l’activité mais plutôt sur l’affection. L’Église d’Éphèse était forte en travail, sacrifices, connaissances et production mais elle était aussi faible en émotions. Au travers toutes ses occupations pour Jésus, elle avait perdu son affection pour Jésus. Elle était devenue remplie de chrétiens professionnels alors que Dieu désire ardemment que nous demeurions des amateurs. Non pas des amateurs dans le sens du « manque d’excellence ou de compétence » mais amateurs dans le sens littéral qui signifie « par amour ».

Quelqu’un qui est un amateur, fait ce qu’il fait, non principalement pour un salaire, une récompense personnelle ou par devoir comme le ferait un professionnel, mais par amour… tout simplement. Ce n’est pas un sentiment de devoir ou d’obligation qui motive l’amateur mais une passion enflammée par l’amour, pour une activité ou pour une personne.

Le travail de l’église perd sa signification s’il n’est pas imbibé d’un amour passionné pour Jésus-Christ. Ceci est la religion sans la relation qui ne mène pas à la présence de Christ. Avec le temps, les chrétiens de l’Église d’Éphèse sont devenus religieux, professionnels et très compétents mais en même temps, ils avaient perdu leurs sentiments de pure affection, d’admiration et d’adoration pour la personne de Jésus-Christ.

Avec les années passées au sein d’une église et surtout à exercer le ministère, nous pouvons facilement acquérir beaucoup de connaissances, d’expérience, d’habiletés et d’expertises, ce qui nous aide à progresser dans notre ministère et « réussir » aux yeux des autres. Mais, aussi ce qui vaut rien si en cours de route nous perdons notre cœur pour Dieu. Il est possible de « chuter » tout en pratiquant les bonnes choses de l’église et en travaillant très fort, tout simplement parce que nous n’avons plus l’affection sentimentale pour Jésus. Même nos moments de prière, de dévotion personnelle et d’adoration peuvent être motivés et exécutés, plus par devoir et routine religieuse que par un amour passionné pour l’objet de nos prières et de notre adoration : Jésus.

Il faut se demander assez fréquemment : Est-ce que je le fais par devoir ou par romance? Est-ce que je pratique une religion ou une relation? Suis-je un amateur ou un professionnel? Qu’est-ce que Jésus pense de qui je suis et de ce que je fais? plutôt que, qu’est-ce que les hommes pensent lorsqu’ils ne regardent que ce qui frappe aux yeux? Est-ce que j’aime Jésus plus que le ministère? Est-ce que j’aime Dieu plus que l’Église? Est-ce que je chante, adore, prie et œuvre par devoir professionnel parce que je suis « pasteur » et que je dois démontrer un bon exemple, ou parce que j’ai une affection authentique pour mon Sauveur, mon Jésus? Est-ce que mon cœur bat encore pour Jésus et sa présence ou devrais-je me repentir et revenir à mes premières œuvres et mes premiers sentiments d’amour simple pour Christ ? (2. 5)

Lorsque j’étais à l’école biblique, il y avait un verset que nous devions répéter à chaque jour « Reçois favorablement les paroles de ma bouche et les sentiments de mon cœur, Ô Éternel mon rocher et mon rédempteur » (Ps 19. 14). Nous devons toujours chercher à prêcher, communiquer, chanter et servir avec excellence et efficacité comme des professionnels, mais que ces paroles et actions soit toujours inspirées et enflammées par un cœur d’amateur… par amour pour Jésus Christ!

Seigneur, aide-nous à ne jamais tomber !

Pasteur Mark Lecompte



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