Sensibilité ou susceptibilité ?

Sensibilité ou susceptibilité ?

Cher Pasteur,

J'aimerais aujourd'hui te faire profiter d'une page écrite par un serviteur de Dieu norvégien d'une grande sagesse, Egil Strand, que j'ai fort bien connu et apprécié. Je te la traduis du norvégien:

Un garçon en visite chez son grand-père, qui habitait à la campagne aux USA, trouva un jour une tortue qu'il se mit à examiner de près. De son côté, la tortue, n'appréciant guère le bâtonnet inquisiteur du garçon, s'était retirée dans sa carapace, et rien ne l'en aurait fait sortir. Le grand-père, qui observait le manège, dit à son petit-fils: "Tu t'y prends mal. Regarde ce qu'il faut faire!". Il prit la tortue, rentra dans la maison et la posa près de la cheminée. Au bout de quelques minutes, l'animal réchauffé sortit la tête et les pattes, et commença à trottiner vers le garçon.

"Les humains sont exactement comme cette tortue", fit remarquer le vieil homme; "n'essaie jamais de les obliger à quoi que ce soit. Réchauffe-les avec un peu de gentillesse, et la plupart du temps ils feront ce que tu désires".

Les paroles de ce vieil Américain expérimenté recèlent une grande sagesse. Si une personne a mal agi, par exemple, il lui est souvent difficile de le reconnaître, et si on l'aborde avec des accusations dans un esprit de condamnation, il est fort probable qu'elle refusera d'avouer la moindre faute. Au contraire, elle répondra dans le même style, et accusera à son tour. L'une des raisons pour lesquelles il est si difficile d'apaiser les conflits réside précisément dans notre attitude de dureté et de jugement. Personne qui vient de recevoir une gifle n'a envie de s'humilier, alors que la bonté a fait fondre plus d'un cœur endurci. Nous ne devons jamais oublier que l'homme est une créature fière de nature, et que tout ce qui touche à cette fierté lui rend difficile, sinon impossible, l'aveu d'une faute.

Tous ceux qui sont appelés à guider les autres, parents, professeurs, pasteurs etc. devront découvrir tôt ou tard qu'on arrive bien plus loin avec de la douceur qu'avec de la sévérité. Si l'on cherche un bon résultat, il est nécessaire que ce qui est bon soit fait de tout cœur, et non par contrainte, car la mentalité d'esclave ne mène à rien.

Un citadin qui avait acheté une ferme, et était devenu paysan, s'évertuait un jour, avec l'aide de son fils, à faire rentrer un veau dans l'étable. L'homme tirait et le garçon poussait, mais le veau ne voulait rien savoir. En désespoir de cause, ils firent appel au voisin, un fermier expérimenté. Ce dernier plongea la main dans le bidon de lait, et la plaça dans la bouche du veau rétif qui le suivit docilement. Cette méthode est certainement excellente pour d'autres aussi, et n'est pas réservée aux veaux!

Beaucoup craignent que la douceur soit une faiblesse dont les autres pourraient tirer parti. Il est vrai qu'il existe des gens qui se servent de la bonté et de la confiance des autres à leur profit, et qui s'en révèlent indignes. Mais ce n'est heureusement pas la majorité, et la question est de savoir si l'on ne risque pas plus à être trop dur que trop doux. Le sage François de Sales n'a pas tort lorsqu'il dit qu'il "préfère se tromper dans le camp de la miséricorde plutôt que dans celui de la dureté".

Il ne devrait pas être nécessaire de souligner qu'il y a un abîme de différence entre bonté et mollesse. La mollesse n'est pas la bonté, mais une grande faiblesse, alors que la bonté est une force. Lorsqu'on agit avec mollesse, ce peut être parce qu'on n'a pas les idées très claires sur ce qui est juste ou non, et aussi parce qu'on veut éviter les ennuis que l'on risque de s'attirer en luttant contre l'injustice. Mais Dieu est bon sans être lâche, et c'est ainsi que nous devons être.

Souvent, nous luttons contre ce que nous appelons l'injustice, alors qu'en fait nous ne faisons que défendre nos droits. Nous devenons particulièrement zélés parce que quelqu'un ou quelque chose nous a mortifiés, et nous devenons irritables, amers et critiques. Si nous voulons être sensibles et miséricordieux à l'égard de tous, comme la parole de Dieu nous y invite, nous ne pouvons pas nous permettre d'être susceptibles. Si nous voulons pouvoir approcher les autres avec douceur, nous devons renoncer à la pitié de nous-mêmes à cause du mal que les autres nous ont causé.

Là encore, Jésus est le grand Maître. il pouvait s'indigner de l'injustice, mais jamais de l'injustice qu'il subissait lui-même. Il était bon pour tous, il aimait chacun et il était juste à l'égard de tous, parce que personne ne pouvait l'irriter ou le choquer. Nous avons beaucoup à apprendre de lui, avant d'être comme lui.

C'est ici la fin du texte de Egil Strand (tiré de l'ouvrage "I fortrolighet"). Il m'a édifié, et je pense qu'il te fera du bien aussi. Que Dieu augmente notre sensibilité, et nous délivre de notre susceptibilité. La première se rattache au fruit de l'Esprit, la seconde aux œuvres de la chair (Gal. 5.22-25).



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