Suis-je ce que je souffre ?

Sommaire
Suis-je ce que je souffre ?

Cher(e) Mon ami(e),

"Maudite soit la nuit qui m’a vu naître… Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère… Je serais tranquille…" (Job 3.3/16)

Comme cela a déjà été dit, la souffrance est l’expérience de tout être humain. La souffrance, qu'elle soit physique ou psychique, traduit notre vécu, que ce soit le vécu personnel, familial ou social. La souffrance est liée au fait même d’exister.

La célèbre phrase de Descartes : "Je pense, donc je suis", pourrait être remplacée par celle-ci : "Je souffre, donc je suis". La souffrance a quelque chose à voir avec l'existence. Elle est un état qui dure aussi longtemps que dure la vie. Il y a comme "une douleur d'exister" en chaque être humain. Voilà ce qu’a voulu exprimer Job.

Cette douleur existentielle peut avoir des manifestations très différentes selon nos divers contextes de vie sociale et (ou) familiale. Elle peut être plus ou moins ancrée dans notre être profond, et revêtir toutes sortes de formes. Lorsque cette souffrance existentielle devient indispensable, nous sommes dans une forme pathologique grave. Ceux qui en sont là ont le sentiment de ne plus exister s’ils ne souffrent pas. Lorsqu’on les rencontre et qu’on les salue, ils vont vous faire tout un récapitulatif de leurs douleurs. La souffrance est leur vie ! Ils finissent par s’identifier avec leur souffrance.

Lorsque Rachel donna naissance à son deuxième fils, avant de mourir, elle lui donna pour nom : "Ben Oni", ce qui signifie : "Fils de ma douleur" (Genèse 35.18). Il allait avoir une identité difficile à porter, une identité imprégnée de cette souffrance originelle. Mais son père Jacob, bien qu’aimant profondément Rachel, refuse que l’identité de son fils soit "Ben Oni", et lui donne le nom de "Benjamin", ce qui signifie : "Fils de ma droite" (ou fils de la puissance).

Quelle que soit votre souffrance, quelle que soit la durée de sa présence depuis qu’elle blesse votre corps et votre esprit, refusez de vous identifier à elle. Vous n’êtes pas ce dont vous souffrez, votre identité n’est pas : "Je suis dépression ; je suis rhumatisme ; je suis arthrose…". Vous êtes bien plus que ce dont vous souffrez. Vous êtes une créature de Dieu, avec une destinée glorieuse. 

L’épître aux Ephésiens commence par le rappel de ce que nous sommes "en lui". Alors qu’il écrivait cette lettre, Paul était en prison, il ne se présente pas comme un malheureux prisonnier souffrant dans les geôles romaines, mais comme un ambassadeur de l’évangile (Ephésiens 6.20). Il ne s’identifiait pas à sa souffrance due à sa situation de prisonnier, mais il s’identifiait à ce qu’il était en Christ.

Un conseil pour ce jour :
Ne laissez pas votre souffrance vous dicter votre identité ; vous êtes "enfant de Dieu" (1 Jean 3.1).

Vous avez aimé ? Partagez autour de vous !

0 commentaire