L’esprit sectaire et la loi

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L’esprit sectaire et la loi

Bonjour Mon ami(e),

“Lorsque tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tache en chemin de te dégager de lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que celui-ci ne te mette en prison” (Luc 12.58).

Jésus n’interdit pas l’éventualité d’aller devant le magistrat mais rappelle qu’un arrangement amiable vaut mieux qu’un “bon procès”.
Voici comment est présentée la justice civile par l’apôtre Paul : “Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu… Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu … ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal…” (Romains 13. 1/5).

Les seuls qui ont à craindre une action judiciaire sont ceux qui n’ont pas respecté le droit des personnes, qui ont bafoué la liberté, qui ont fait “le mal”, comme le dit l’apôtre. D’ailleurs l’apôtre ne considère pas le magistrat comme un infidèle duquel il faut se tenir à distance mais il le qualifie de serviteur de Dieu.
Certes l’apôtre encourage les croyants à ne pas avoir de procès entre eux, et dans le cas où un conflit émerge il suggère que des hommes sages du sein de l’assemblée prononcent un jugement équilibré.
Ce conseil apostolique a été repris et même institutionnalisé par divers courants chrétiens lesquels ont établi des tribunaux ecclésiastiques, des commissions ad hoc pour examiner les situations de conflits. On arguera, pour justifier la mise en place de cette justice interne, que la justice des magistrats de ce monde n’est pas compétente pour juger des affaires ecclésiastiques, et même on ajoutera que cette justice civile n’est pas toujours juste, qu’elle favorise le riche au détriment du pauvre, comme le décrivait Jean de la Fontaine : «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir».

Mais la justice religieuse est-elle aussi impartiale et juste qu’elle le prétend ? N’est-elle pas parfois entachée de sectarisme ?
Dans l’histoire du christianisme, nous savons à quoi ont conduit les tribunaux de l’inquisition.
Sans remonter à l’époque du moyen âge, nous savons comment les systèmes religieux ont justifié l’apartheid, la Shoa, la guerre “dite” sainte et bien d’autres discriminations. Là où l’on fustige la loi imparfaite des hommes, pour imposer une loi religieuse, ne sommes-nous pas déjà sur la pente glissante des dérives sectaires, comme nous le montre le radicalisme des uns ou des autres ?

Un conseil pour ce jour :

Êtes-vous dans un milieu où l’on fustige la loi séculière et où l’on encense la loi religieuse du groupe, soyez prudents, car derrière ces discours se cache un fonctionnement sectaire.

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